Les 14 codes et clichés les plus fréquents en fantasy

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S’il y a bien quelque chose qui me saoule depuis mon adolescence, c’est cette impression de lire encore et encore les mêmes oeuvres de fantasy.

Changez les lieux, changez les personnages, ajoutez deux-trois distinctions pour que l’univers se différencie un peu du précédent et vous avez un nouveau livre.

Le problème, c’est qu’en fantasy les clichés sont tellement utilisés que tout en devient fade, poussif, prévisible.

Je vous propose de découvrir les 14 clichés les plus courants du genre. Cela vous permettra de les détecter, de les éviter, et de jouer avec pour mieux surprendre le lecteur.

 

14 clichés dans les romans de fantasy

1 ) L’élu et les prophéties

L’un des clichés les plus présents en fantasy, et celui qui m’énerve le plus. Prenez un personnage d’apparence ordinaire. Celui-ci se voit prédire une prophétie, en générale grandiloquente : il deviendra roi, il sauvera le monde entier d’un péril mortel, il est l’élu attendu par des peuples opprimés, etc…

La prophétie annoncée pousse le héros, l’élu, a sortir de sa vie ordinaire, et à découvrir le monde et accomplir sa destinée. On suit d’ailleurs souvent le mythe du héros, que Joseph Campbell décrit en détail dans son livre.

 

2 ) Le mentor barbu, sage, qui sait tout

Le second cliché énervant, c’est ce vieux sage barbu, qui sait tout sur le monde et va enseigner tout ça à notre jeune héros de manière altruiste. Pourquoi faut-il toujours que le personnage « sage » soit vieux et barbu ?

La sagesse n’attend pas le nombre des années, que je sache.

Mention spéciale au vieux sage, barbu ET mage : là, on tape carrément dans le cliché du cliché !

 

3 ) Les épées, les haches et les arcs

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais dans l’écrasante majorité des romans de fantasy, les protagonistes se battent soit avec des épées ( à 1 ou 2 mains), soit avec des haches, soit avec des arcs. Eeeeeet… C’est tout !

Pourquoi faire l’impasse sur bien d’autres armes et styles de combat ? Au contraire, cela ajouterait de la variété et du renouveau au récit.

Il n’y a que l’embarras du choix : Dagues, arbalète, bâton, fléau, hallebarde, lance, bouclier, griffes, massue, francisque, javelot, faux, pique, vouge, etc…

Ok, les épées, haches et arcs restent la base de l’armement des forces armées de vos récits. Mais diversifiez-moi tout ça, amusez-vous. Et n’oubliez pas que chaque arme a une utilité bien particulière. Par exemple, la vouge était utilisée par les soldats de l’infanterie pour couper les jarrets des chevaux.

 

4 ) Un seul régime : la monarchie

Dans toutes les œuvres de fantasy apparaît un roi ou une reine. Je n’ai rien contre la monarchie, bien au contraire, il y a sûrement plein d’histoires à raconter autour d’une monarchie, mais pourquoi faudrait-il que les pays / forces politiques de votre monde fonctionnent tous selon une monarchie ? Encore une fois, ajoutez de la diversité ! Il n’y a que l’embarras du choix : anarchie, technocratie, dictature, oligarchie, stratocratie, démocratie, monarchie absolue, monarchie constitutionnelle, assemblée constituante ou proportionnelle, corporatisme, ploutocratie, fédéralisme, république, empire …

 

5 ) Une absence quasi totale de science

Dans les romans de fantasy, on croise toutes sortes de personnages : Guerriers, Mages, Philosophes, Moines, Nobles, Paysans, Bandits de grand chemin, etc … Mais très rarement des scientifiques.
La magie peut prendre une part très importante dans le monde et y est souvent décrite dans ses moindres détails. Des érudits se réunissent d’ailleurs souvent en école afin de l’étudier en profondeur et maîtriser cet art.

Mais la science est souvent mise de côté, et pourtant c’est une composante essentielle de votre monde. Qu’en est-il des alchimistes ? Qu’en est-il des forgerons ? Des armuriers ? Des ingénieurs qui vous inventent de nouvelles armes de siège comme des balistes ? Ou encore qu’en est-il des astronomes ? Car oui, on n’a pas attendu d’arriver au 20ème siècle pour étudier les planètes et les astres.

Toutes ces composantes sont souvent délaissées, à mon grand regret. Je rêve de suivre un personnage principal féru d’astronomie dans un monde médiéval fantastique, et qu’il m’explique la réalité des astres dans le ciel de ce monde, tout en faisant le lien avec les légendes et mythes racontant leur histoire.

 

6 ) Un méchant bien, bien méchant

En fantasy, bien souvent, on a affaire à un antagoniste débordant de vices et de haine, avec « méchant » de tatoué sur le front.

Il souhaite exercer son pouvoir et détruire le monde pour le simple plaisir de pouvoir le faire. Tout est fait pour pousser le mal à son paroxysme, et pousser le lecteur à le haïr. Mais tout cela est bien caricatural.

Au contraire, cet antagoniste gagnerait à avoir un côté plus humain. Il devrait avoir une bonne raison d’agir comme il le fait, autre que « c’est un méchant il répand le mal ».

Donnez-lui une raison d’agir comme il le fait. Cela n’excusera en rien ses actes, mais ça le rendra plus humain, et vous verrez que votre audience adorera le détester.

 

7 ) Des humains, des elfes, des nains, et des orcs

Lorsqu’on parle de races non-humaines en fantasy, quelles sont les premières qui nous viennent à l’esprit ?

  • Les elfes, immortels, et éprouvant un mépris envers les humains, vivant dans leur forêt.
  • Les nains, taciturnes, bourrus, bien moustachus, vivant au fond de leurs montagnes, dans leurs mines remplies d’or
  • Des orcs, ces ignobles créatures pleines de crocs, pleine de rage, qui ne font que tuer tout ce qui se présente sur leur passage

Et c’est à peu près tout, alors que le floklore regorge de créatures : centaures, dryades, succubes, gnomes, farfadets, changelin, etc…

Sortez des sentiers battus, créez d’autres races que les elfes, les nains et les orcs. Inspirez-vous des folklores, mythes et légendes, insufflez de la consistance dans votre monde.

 

 

8 ) Des créatures qui sont toutes des monstres

Passé les races d’humanoïdes non-humains, les créatures rencontrées sont soit des monstres, soit des dangers menaçant de gober tout cru les protagonistes.

Regardez un peu nos campagnes : il y a des centaines de formes de vies s’agitant autour de nous, avec lesquelles nous n’interagissons pas ou très peu, et elles ne cherchent pas à nous dévorer. Pourquoi n’en serait-il pas de même dans votre monde de fantasy ?

Vous souhaitez densifier votre univers et y apporter une touche de crédibilité ? Ajoutez du bestiaire qui n’attaquera PAS vos protagonistes. Lorsque ceux-ci traversent une forêt, faites-les observer toute cette vie qui grouille autour d’eux, au même titre que vous allez montrer la flore les entourant.

 

9 ) Le héros qui va sauver le monde de l’extinction

Pourquoi le héros du roman doit-il toujours sauver le monde de l’extinction ? Qu’il ait une quête à accomplir, d’accord, c’est le principe même d’un livre. Mais cette quête n’est pas nécessairement de sauver l’humanité.

Regardez du côté des oeuvres de fantasy récentes dites « matures » : Le trône de fer, La sage du sorceleur, Le cycle des démons … Même s’il y a une menace pesant sur l’équilibre du monde connu, la quête de nos personnages préférés est-elle de combattre coûte que coûte cette menace ?

Vous avez le droit d’utiliser une quête de type « sauveur de monde », mais dans ce cas troublez les pistes.

 

10 ) L’héritier caché qui finira par monter sur le trône

Ce n’est peut-être pas le personnage principal, mais l’héritier caché se cache dans bon nombre d’oeuvres de fantasy : c’est un thème récurrent. Celui-ci a un comportement noble, humble, droit, en tout cas bien plus que celui qui détient le pouvoir actuellement. L’héritier légitime, même s’il est caché et inconnu de tous, par sa droiture, revendique ainsi indirectement le trône, alors que l’usurpateur fait en général état de peu de scrupules pour se maintenir à ce poste.

Et bien souvent, le récit arrivant à son terme, l’héritier caché est révélé au grand jour et prend ce qui lui revient de droit : le trône et le pouvoir.

Encore une fois, jouez avec ce cliché, détournez-le, réinventez-le.

 

11 ) Un univers rempli de testostérone (les guerriers) et d’intellect (les mages)

On a parfois l’impression que passé les guerriers et les mages, il n’y a plus grand monde dans les univers de fantasy. Et pourtant, cela nous laisse les nobles, les politiques, le Peuple (paysans, artisans, négociants, marchands, etc… soit la majorité de la population), les hommes de clergé… J’aimerais voir plus de personnages appartenant à ces classifications. Cela ajouterait du frais et du dynamisme dans le récit, plutôt que d’assister à la formation d’un énième écuyer ou apprenti mage).

 

12 ) Aucun personnage ne souhaite être autre chose qu’un guerrier ou un mage

En relation directe avec le point numéro 11, aucun des protagonistes principaux ne souhaite devenir autre chose qu’un mage ou un guerrier, et c’est bien triste.

Il y a tellement de métiers intéressants qu’un protagoniste pourrait souhaiter exercer. Tenez, par exemple, apothicaire itinérant. ou alchimiste. ou encore forgeron. Et pourquoi bibliothécaire ou archiviste, pour sauvegarder toute la connaissance du monde ?

 

13 ) L’aspect technologique est souvent oublié

Le grand problème des mondes de fantasy qui se construisent sur des centaines d’années voire des millénaires d’histoire, c’est que l’on a l’impression que le monde est figé dans le temps.

Vous le savez, je suis un grand fan du Trône de fer, et pourtant celui-ci n’y fait pas exception.

8 000 ans auparavant l’histoire qui nous est contée,, les principaux châteaux de la série existait déjà, les hommes utilisaient la même technologie et les mêmes armes qu’actuellement. Autrement dit, en 8 000 ans d’histoire, il n’y a eu aucune évolution notable en terme d’armement, de technologie, de science.

Regardons notre histoire : Nous utilisons au quotidien des technologies de l’information (ordinateur, smartphone), alors qu’il y a 8 000 ans on inventait l’agriculture. Le gap est énorme !

Même sans reproduire un gap aussi prononcé, il faut une évolution technologique dans votre monde.

 

14 ) Un univers inspiré de l’époque médiévale d’Europe occidentale

Enfin, avez-vous remarqué que les romans de fantasy que nous écrivons s’inscrivent dans une tradition médiévale occidentale ,

Bien sûr, cela fait écho à notre histoire : il en devient plus simple de comprendre l’univers et de rentrer dedans.

Mais il y a tellement d’époques médiévales intéressantes. Vous pourriez vous inspirer pour tout ou partie de votre univers du Moyen-Orient médiéval ou encore de l’Asie médiévale ? Vous n’avez pas fini de découvrir des cultures aussi différentes qu’intéressantes !

 

 

Conclusion

Ces clichés sont tellement ancrés dans le genre que nous avons tous tendance à les utiliser à l’instinct lorsque l’on écrit, sans s’en rendre compte.

Lors de ta séance de correction / relecture / réécriture, prends le temps de les débusquer, cela servira ton texte et surprendra ton lecteur.

Ce qu’on souhaite en ouvrant un livre de fantasy,c ‘est découvrir un nouvel univers, des personnages attachants et ne se ressemblant pas, de vivre des aventures palpitantes à leurs côtés, de découvrir des peuples éloignés aux coutumes exotiques, de rencontrer des créatures légendaires, de vivre une bonne histoire au fil des pages. Savoir à l’avance que tel personnage finira de telle manière gâche un peu le plaisir de la lecture je trouve.

Voyez-vous d’autres clichés en fantasy que j’aurais pu oublier, et qu’il faudrait rajouter à cet article ?

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